Alexander Seale, journaliste à Londres « Le Brexit, la Famille Royale et le sport sont mes spécialités. »

Mon séjour à Londres m’a permis de rencontrer Alexander Seale, journaliste freelance, web, radio et TV, bilingue anglais/français.

Il est spécialiste de l’actualité en lien avec le Brexit, l’économie, la politique française et européenne, la Famille Royale Britannique et le sport (notamment football, Premier League/tennis).

Découvrons son parcours, son quotidien et sa vision du métier de journaliste.

Princess Zaza : Quel est votre parcours ?  
Alexander Seale : J’ai longtemps partagé ma vie entre Londres, où j’ai étudié au Lycée Français Charles de Gaulle (de la primaire à la sixième) et Paris, où j’ai continué mes études dans un collègue français puis un lycée international. Ensuite, j’ai obtenu une Licence d’études françaises à l’université de Londres basée à Paris.

De nature curieuse, toujours intéressé par l’actualité et l’écriture, je me suis orienté vers le journalisme, même si c’est vrai que j’ai hésité avec le métier de professeur de français à Londres ou professeur d’anglais à Paris.

J’ai alors intégré la One School Paris, une école de Radio et Télévision. Cette formation m’a beaucoup apporté. Pour la compléter, j’ai enchainé avec quelques stages dans des rédactions.

Je suis actuellement journaliste indépendant à Londres, bilingue anglais/français et correspondant pour RFI English et Radio Canada. J’ai travaillé de 2014 à 2015 à BBC Afrique. A l’occasion de la marche du 20 octobre dernier contre le Brexit, pour demander un vote final, j’ai réalisé un direct pour le journal télévisé de la RTBF, une télévision nationale belge, en remplacement de leur correspondante.

PZ : Quels sont les journalistes dont vous appréciez particulièrement le travail ?  
AS : J’appréciais beaucoup le professionnalisme de Patrick Poivre d’Arvor lorsqu’il présentait le journal télévisé sur TF1. Il y aussi Thomas Sotto. J’écoutais très régulièrement sa matinale sur Europe1.

J’aime sa manière de traiter l’information avec sérieux et pédagogie, comme le fait aujourd’hui Nikos Aliagas qui l’a remplacé, avec toujours un ton convivial. Cela permet de bien commencer sa journée, avec de l’info et une dose de bonne humeur !

PZ : Quelles sont les qualités d’un bon journaliste et quelle est votre approche du journalisme indépendant ?
AS : Il faut être curieux, rester constamment en alerte sur l’actualité. Par exemple, chaque matin, je consulte les news via Twitter, Facebook, le site BBC News et la veille, je regarde la BBC News Channel où il y a une revue de presse qui présente les « Unes » des journaux qui vont paraître le lendemain.

Cela me donne une idée de l’information principale de la journée et des éventuels sujets que je pourrais proposer aux rédactions.

Je lis la presse tous les jours et récupère aussi en début d’après-midi le Evening Standard, un journal gratuit distribué à la sortie des stations de métro à Londres. Tout cela me permet de trouver d’autres idées de sujets.

Je pense vraiment que l’utilisation des réseaux sociaux quand on est journaliste, et spécialement Twitter, est aujourd’hui quelque chose d’essentiel. Il faut bien sûr vérifier la source de son information pour éviter les fake news.

En cas d’actualité chaude, si on peut, il faut se rendre sur le terrain pour être au cœur des évènements, récupérer quelques témoignages et prendre quelques photos. C’est ce que je fais régulièrement à Londres, en relayant aussi l’actualité sur Twitter et Facebook. Parfois, en voyant cela, des médias me contactent pour me demander de couvrir l’actualité en faisant un direct pour la radio ou la télé.

C’est ce qui s’est passé pour l’incendie de la Tour Grenfell. Suite à mes tweets, j’ai été contacté par une journaliste d’Europe 1 qui voulait un témoignage d’une personne sur place et aussi par Radio Canada et i24News, pour faire plusieurs directs.

Pareil pour les attentats de London Bridge et Manchester, deux breaking news où il a fallu rester éveillé quasi toute la nuit pour suivre l’actualité et le lendemain, j’ai fait un direct pour BFM TV.

Dernier point, c’est aussi important de développer et entretenir un bon réseau de contacts.

PZ : Quels sont les avantages et les inconvénients d’être journaliste indépendant ?
AS : Comme tout freelance, le principal avantage est la liberté et la souplesse dans l’organisation de ses journées. On peut aussi travailler pour plusieurs rédactions. C’est quelque chose que j’apprécie, même si le rythme d’une rédaction me conviendrait tout à fait.

Il y aussi des périodes plus difficiles où il y a moins de travail. Il ne faut pas hésiter à tenter sa chance en proposant des sujets aux rédactions.

PZ : Quelles sont selon vous, les grandes évolutions du métier de journaliste depuis vos débuts ?
AS : Depuis 2012, je fais du journalisme web, radio et depuis plus récemment des directs à la télévision. Au départ, j’intervenais surtout via des interviews en direct sur Skype puis, je me suis équipé pour avoir un matériel qui me permette de faire du direct sur le terrain avec mon smartphone, en « mode agile ».

Par là, je veux dire prendre l’antenne dans des conditions professionnelles tout en pouvant me déplacer facilement pour être au plus près de l’évolution de l’actualité sur le terrain. J’utilise aussi Twitter et Facebook live pour relayer l’information en direct, avec des contenus photos ou vidéos.

C’est vrai que les réseaux sociaux ont modifié le traitement et la diffusion de l’information. On a vu par exemple apparaître du côté des médias, des formats de vidéo très courts (de quelques secondes) avec des textes en surimpression.

Les podcasts sont aussi une tendance forte aujourd’hui. J’en fais d’ailleurs en proposant une chronique sur le Brexit : Brexit Stories.

Je pense que toutes ces évolutions correspondent aux habitudes du grand public pour consommer l’information, principalement sur leur smartphone.

PZ : Quels faits d’actualité vous ont le plus marqué au cours de ces cinq dernières années ?
AS : Bien évidemment le Brexit et le Mariage Royal de Meghan Markle et du Prince Harry. Il y a aussi l’incendie de la Tour Grenfell à Londres en juin 2017 qui a suscité une grande colère et beaucoup d’émoi ici. Cet évènement est devenu emblématique d’une contestation populaire forte qui a marqué les esprits.

Je pourrais aussi citer l’affaire Skripal, l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal à Salisbury par deux membres des services secrets russes ou les répercussions médiatiques du scandale #MeToo.

En France, je dirais l’élection présidentielle avec l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir.  J’ai d’ailleurs couvert cette actualité pour quelques médias britanniques et internationaux basés à Londres.

Aux Etats-Unis, l’élection de Donald Trump fait aussi partie des faits d’actualité qui m’ont le plus intéressé en tant que journaliste.

PZ : Alors ce Royal Baby, fille ou garçon ? 
AS : Je pense que ce sera une fille qui s’appellera Victoria. Si c’est un garçon, je dirais Albert.

Ce prénom représente un compromis entre la modernité du couple royal Meghan et Harry et la tradition de la couronne britannique. Il y a d’ailleurs déjà beaucoup de paris à ce sujet au Royaume-Unis pour deviner le prénom du Royal Baby, certains pensent à Diana.

Je dirais plutôt que Diana sera le deuxième prénom.

Je vais suivre cela de près, c’est un sujet qui intéresse fortement les Britanniques et au-delà…le monde entier car il apportera beaucoup de bonheur dans le contexte difficile du Brexit au Royaume-Uni.

Merci Alexander pour cet échange très intéressant !

Retrouvez Alexander Seale sur Twitter : @AlexSeale

Princess Zaza

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