Rocketman nous catapulte au coeur du génie artistique d’Elton John

L’équipe de Mon Paris joli a eu le plaisir d’être invitée à l’avant-première de Rocketman, biopic sur la vie de Sir Elton John réalisé par Dexter Fletcher.

Il forme pour ce film une équipe extrêmement prometteuse avec Taron Egerton, dans le rôle principal, Elton John himself en tant que producteur exécutif et le scénariste Lee Hall (Billy Eliott).

Rocketman paraît sur nos écrans, quelques mois après le ras de marée Bohemian Rapsody, biopic sur le groupe Queen (900 millions de dollars de recette et l’Oscar du meilleur acteur pour Rami Maleck).

La comparaison entre les deux films est inévitable pour bien des raisons et en premier lieu, par le sujet qui met en scène deux célèbres artistiques aux nombreux points communs, Freddie Mercury et Elton John.

Deux rockeurs britanniques, pianistes virtuoses, homosexuels à la personnalité et aux looks extravagants. Tous les deux ayant eu le même manager (John Reid, présent dans les deux films) et qui ont marqué l’histoire de la musique contemporaine.

Les similarités ne s’arrêtent pas ici et c’est pourquoi, il nous semble intéressant de revenir sur quelques éléments historiques autour de la production du film.

Dexter Flectcher, réalisateur de l’excellent Eddy the Eagle n’a jamais caché son intérêt à l’idée de réaliser un film sur Queen. Il est d’ailleurs à l’origine du projet et avait même été engagé par 20th Century Fox en 2013 avant de s’en retirer en raison de divergences artistiques.

Malgré le talent du réalisateur, le studio se tourne vers Brian Singer, popularisé par la franchise X-Men et Usual Suspect (Oscars du meilleur scénario original et meilleur acteur dans un second rôle pour Kevin Spacey). Cependant, suite à plusieurs accusations d’agression sexuelles sur mineurs, Singer abandonne la réalisation de Bohemian Rhapsody en plein milieu de la production.

C’est alors, Dexter Fletcher qui reprend la réalisation du film au pied levé, quelques mois avant le début du tournage de Rocketman. Ce denier ne sera pourtant jamais crédité ou reconnu en tant que co-réalisateur.

Voici la raison pour laquelle en dehors des sujets, la réalisation des deux films est similaire et les comparaisons justifiées. On pourrait même en venir à espérer un crossover, si les deux films n’avaient pas été produits par différents studios.

Sur Rocketman, Dexter Feltcher se permet d’être plus expérimental dans la mise en scène et plus particulièrement sur les numéros musicaux. Elton John étant tellement hors-normes qu’il aurait été impossible de raconter son histoire de façon conventionnelle. 

Le réalisateur nous offre de fabuleux tableaux oniriques et donne ainsi tout l’espace possible au génie artistique du musicien. Le public est emporté dès les premières minutes du film par l’introduction sur The Bitch is back!

Fletcher va encore plus loin sur le morceau « Saturday nights, alrights for fighting ! » avec un plan séquence époustouflant de 5 minutes qui a exigé plus de 300 figurants, 50 danseurs, 4 caméras, 3 grues, 10 autos-tamponneuses et une grande roue. Cette unique scène justifie à mon sens l’achat d’une place de cinéma.

Le cast est plus que convaincant en commençant bien évidemment par le sous-estimé Taron Egerton. L’acteur ne se contente pas uniquement de se métamorphoser en Elton John et va jusqu’à prêter sa voix et interprèter avec brio le catalogue du chanteur. Il est accompagné par deux jeunes acteurs brillants qui interprètent Elton John à l’âge 5 et 13 ans.

Jamie Bell, quant à lui est toujours aussi attendrissant. Il reste pour moi le petit Billy Eliott et interprète toujours avec autant d’innocence le personnage de Bernie Taupin.

Le partenaire et parolier de longue date d’Elton John. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne et apporte des instants de respirations quant le film traite de moments difficiles dans la vie de l’artiste.

Bryce Dallas Howard, beauté glaciale, dépeint un portrait antipathique de la mère d’Elton John. Son jeu dans Rocketman renvoie automatiquement au personnage de Hilly Holbrook qu’elle avait précédemment campée dans « La couleur des sentiments ».

Richard Madden, est John Reid. Il est selon moins le personnage le moins abouti et le grand raté du film. Non pas à cause de l’interprétation de l’acteur mais dans l’écriture. Il endosse le personnage d’un manager sadique et cartoonesque à la limite du psychopathe. Bien malheureusement, John Reid est un des piliers de Rocketman. Je suis convaincu qu’apporter un peu plus de nuances au personnage aurait permis de tirer une performance plus intéressante de l’acteur.

Le premier tiers du film est exceptionnellement bien mené et les numéros s’enchainent naturellement tel une comédie musical de broadway.

Il est alors très frustrant de voir le film s’attarder à raconter la descente aux enfers de l’artiste. Une situation explorée à maintes reprise au cinéma.

Le message de Rockeman est clair dès le début : Elton John veut être aimé !

J’ai attendu en vain jusqu’à la dernière minute que David Furnish fasse son apparition pour un  happy ending. Car c’est précisément là ou Elton John se distingue de ses contemporains, Elvis, Jim Morrison, John Lenon ou Freddie Mercury.

L’artiste vit aujourd’hui une vie de famille épanouie tout en ayant grandement impacté la pop culture et influencé et bons nombres d’artistes. Il est une figure philanthropique jusqu’à avoir été anobli par la reine d’Angleterre. Tout ces éléments ne sont malheureusement pas explorés ou le seront peut-être dans un Rocketman 2 ? 

A la décharge de Dexter Fletcher, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer à quel point il doit être difficile de réaliser un film sur la vie d’un artiste du calibre d’Elton John. Le challenge prend une toute autre envergure quand l’artiste lui même se trouve être toujours en vie et producteur exécutif du film.

Film : Rocketman,
De Dexter Fletcher
Avec Taron Edgerton, Jamie Bell, Bryce Dallas Howard et Richard Madden
Sortie de 29 Mai 2019

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Lyes

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