In The Woup est un street artiste français basé à Lyon, qui a commencé à travailler la mosaïque il y a 15 ans. Il est connu pour ses crossovers [trés réussis] de Mario, LE personnage mythique de Nintendo qui a marqué la génération des années 80 dont il fait partie, qu’on appelle plus communément la « Génération du Club Do » (pour Dorothée).

Le savez-vous ? Un crossover désigne le mélange de personnages issus de licences ou d’univers différents.

Pour réaliser ses œuvres, ce « fournisseur de flash-back » comme il aime se définir, s’inspire du meilleur de la pop culture en empruntant des références au cinéma, à la musique, aux séries TV, aux mangas et aux jeux vidéo. Il mélange ainsi Mario avec des personnages emblématiques ou des célébrités, comme Batman, Iron Man, 50Cent, Tupac, Tintin, Star Wars, la Petite Sirène, Sailor Moon, One Piece ou Zelda…A ce jour, il a créé 400 crossovers de Mario en format digital et 175 en mosaïque, ainsi que des versions imprimées.

In The Woup a également commencé à envahir l’espace urbain avec son projet Mario Worldz imaginé en pensant à cette question : « Et si Mario Bros avait plus de costumes ? Genre beaucoup plus… » ! A ce jour, il a déjà installé ses mosaïques dans 53 villes de 12 pays différents, dont la France, l’Espagne, l’Italie, la Slovénie, le Kirghizistan, le Kazakhstan, le Mexique, les USA, l’Inde, le Canada, l’île de Vis en Croatie ou le dernier en date, le Sultanat d’Oman (photos ci-dessous (c) In The Woup)…sans jamais se faire arrêter . 

Sur sa chaîne YouTube, vous pouvez retrouver sa première tournée française d’avril 2022, au cours de laquelle il a visité 10 villes en 7 jours, installé 40 mosaïques et parcouru plus de 2000 kms : Mario Worldz Tour. On me dit dans l’oreillette que Bruxelles est la prochaine ville en haut de sa liste pour aller poser quelques pièces et qu’il prépare un Mario grandeur nature de 2 mètres de haut ! 

(c) In The Woup

Savez-vous d’où vient son blaz ? Le nom « In The Woup » vient tout simplement du dossier « Woup » dans lequel il rangeait les photos de ses créations à ses débuts. Dans le fichier “Woup” est devenu In The Woup, comme une invitation de l’artiste à rentrer dans son univers. Malin ! 

Sa première exposition à la galerie Montorgueil à Paris, qui s’est tenue du 13 au 20 juin, a cartonné ! J’ai eu le plaisir de le rencontrer pour qu’il me parle de son art et de ses projets.

Dès le départ de notre discussion, je sens les good vibes et que j’ai affaire à un artiste généreux, passionné et enthousiaste qui adore ce qu’il fait et qui y met beaucoup de cœur. Pour débuter notre échange, j’ai voulu savoir comment se passe la création d’une œuvre pour l’espace urbain ?

De l’art de rue à l’exposition en galerie : un processus créatif bien rodé et un artiste passionné

« Tout part d’une idée, d’un personnage que j’ai envie de croquer à ma manière en mélangeant par exemple Mario et Son Goku. Je commence par réaliser le dessin sur une tablette numérique, pixel par pixel, jusqu’à ce que je sois satisfait du résultat. Ça peut prendre plus ou moins de temps, de 15 minutes à plusieurs jours, car je suis très perfectionniste. Il faut absolument qu’on arrive à reconnaître Mario aussi bien que le personnage avec lequel je l’ai mélangé. Après cette étape de création graphique, je commande ou réunis les carreaux dont j’ai besoin. Ensuite, je constitue l’œuvre à la main en atelier en assemblant les carreaux, je les colle, puis je pose un film plastique avec « poignées » qui va me permettre de soulever l’œuvre pour faciliter son installation dans la rue ».

A ce stade, la partie atelier est terminée et vient le repérage pour trouver un spot : « En général, je me balade à pied, mais il m’arrive d’utiliser Google map. Pour que l’œuvre dure le plus longtemps possible et soit vue par le plus de monde, je privilégie les spots en hauteur. Une fois le spot trouvé, tout va très vite : je pose la mosaïque en 2 minutes max, généralement en journée, déguisé en ouvrier de chantier avec une chasuble jaune fluo, un casque et aidé d’une échelle télescopique  »

(c) In The Woup

Forcément pour un artiste qui réalise des œuvres en mosaïque, le choix des carreaux est important. In The Woup utilise des émaux de Briare et a choisi la gamme de « brillants », une palette d’une trentaine de couleurs vives pour apporter encore plus de pep’s à ses créations. Étant limité par le nombre de couleurs des carreaux, il doit parfois convertir un peu certaines couleurs du dessin réalisé sur la tablette graphique pour se rapprocher de celles de la gamme des carreaux avec laquelle il travaille. Et si Briare ajoutait une couleur à sa palette en imaginant une teinte « sur mesure » pour In The Woup ?! Ça paraît un peu fou et compliqué pour des raisons économiques mais ça serait quand même bien cool et si sa côte continue de monter, qui sait, peut-être que Briare pourrait se laisser convaincre !  

Revenons aux créations elles-mêmes. Si certains artistes souhaitent véhiculer un message à travers leurs œuvres, ce n’est pas le cas d’In The Woup. Il préfère laisser ses créations pop et colorées parler d’elles-mêmes. Par ailleurs, très attaché à la notion de liberté, il aime s’approprier l’espace urbain sans rien demander à personne, tout en s’amusant.

Ce n’est que par la suite qu’il s’est rendu compte que ses œuvres plaisaient aux gens et qu’il y avait un engouement naissant : « Tu ne sais jamais comment les gens vont réagir alors, quand je vois qu’ils ont le sourire en regardant une de mes œuvres ou que je reçois un message sympathique, ça me fait énormément plaisir ! Parfois j’ai même la chance d’être là au moment où les gens découvrent mon œuvre et j’entends « anonymement » leurs commentaires. A ce propos, une anecdote me revient : j’étais à Lyon, près de la place des Terreaux, deux jeunes filles s’arrêtent près d’une de mes œuvres, l’une fait remarquer la mosaïque à l’autre qui lui répond en lui disant « mais oui ! C’est In The Woup qu’a fait ça ! » et elle s’est improvisée guide autour de mes œuvres. C’était la première fois que ça m’arrivait, j’ai trouvé ça trop cool ! Je me suis avancé et je lui ai donné un magnet. Elle m’a dit : « Ah c’est toi In The Woup ? », je lui ai répondu en lui faisant un clin d’œil et je suis parti. C’était très rigolo comme moment ! »  

(c) In The Woup

Pour poursuivre notre conversation, je lui ai demandé s’il voulait bien me dévoiler quel serait le prochain costume de Mario ? : « En ce moment, je travaille sur un crossover avec Tintin et le lotus bleu qui est quasiment fini. Pour la suite, ce sera une série avec des personnages issus de Dragon Ball Z. » Et là, je ne résiste pas à lui partager ce que j’ai en tête : pourquoi pas un jour un crossover Mario x In The Woup ? « AhAhAhAh Oui, j’y ai pensé  mais comme physiquement je n’ai pas vraiment de signe distinctif, j’imagine plutôt me représenter habillé en tenue de chantier comme quand j’étais en tournée avec le casque et la chasuble. Je voudrais aussi figurer mon ami LoLo qui m’a aidé pendant la tournée et que vous pouvez voir dans la série de vidéos disponibles sur ma chaîne YouTube. Ce n’est pas une priorité mais je mettrai peut-être ce crossover dans mon art book. » Un Art Book ?! En voilà une bonne idée dont on reparlera plus tard

Je ne sais pas si comme moi, vous avez fait un lien entre le travail artistique et la démarche d’invasion d’Invader et l’approche d’In The Woup mais j’ai eu envie d’avoir son avis. Alors, influencé ou pas ? : « J’aime énormément Invader ! Notre point commun est d’utiliser le même matériau pour réaliser nos œuvres : la mosaïque. Après, nos projets artistiques sont différents et on a chacun nos univers. Lui, c’est les Space Invaders, moi, des crossovers originaux de Mario. Comme d’autres street artistes, dont Invader, j’ai eu envie d’investir l’espace urbain pour partager mon univers. Même si dans la rue, le street art appelle le street art, à mon niveau, quand je pose une pièce, je cherche des murs où il n’y a rien autour, pas d’autres œuvres. J’évite de me mettre à côté d’un autre street artiste et d’Invader, à la fois pour mettre en valeur mon travail, le distinguer et aussi, pour ne pas embêter les autres artistes. Parfois, c’est vrai, il arrive qu’un mur soit rempli d’œuvres au point d’en faire un super beau patchwork, un peu comme une galerie à ciel ouvert, alors là, il peut m’arriver de rajouter ma pièce. »

De la rue à la galerie, c’est une affaire de talent et parfois de rencontre. Exposer, c’est souvent un signe de reconnaissance officielle de l’artiste dont le travail est de plus en plus apprécié et aussi, une source de revenus qui l’aide pour continuer à produire ses oeuvres. Mais n’est-ce pas incompatible avec l’esprit de l’art de rue ? Pour In The Woup au contraire, c’est très complémentaire : « Pour moi exposer dans une galerie est une suite logique dans mon parcours d’artiste. Dans la rue, j’essaye d’égayer les villes et l’environnement urbain avec mes œuvres pop et colorées aux valeurs positives qui pour les gens de la même génération que moi, rappellent souvent un souvenir qui a marqué notre enfance. Exposer dans une galerie, comme je l’ai fait récemment à la galerie Montorgueil à Paris, n’est pas une obligation, chacun fait ce qu’il veut mais je trouve ça chouette car cela me permet de rassembler plein d’œuvres au même endroit, organiser un évènement culturel ouvert à tous et aller à la rencontre de mon public. » [Big Up à Jérôme, le galériste qui a accueilli la première exposition d’In The Woup dans sa galerie Montorgueil !]

In The Woup a de la suite dans les idées et il ne va pas s’arrêter là ! Je vous annonce en totale exclu qu’In The Woup a prévu d’être présent avec la galerie Montorgueil à la prochaine édition de l’Urban Art Fair, la première foire internationale dédiée à l’art urbain, qui a lieu chaque année depuis 2016, fin avril à Paris, au Carreau du Temple. Soyez au rendez-vous !

Un esprit bouillonnant, pour un artiste toujours dans l’action 

Vous l’avez compris, In The Woup fourmille d’idées, il doit en avoir au moins 1000 à la seconde ! Parmi celles-ci, il réalise aussi des collab avec des marques et des artistes. C’est le cas cette année avec la marque The Skate Bird, pour laquelle il a créé la planche “R2D2”, en édition limitée à 25 exemplaires.

Plus récemment, il a renouvelé l’exercice avec Museum Of Geek Art en créant 2 print exclusifs en tirage limité à 100 exemplaires. En cours, une collaboration coup de cœur avec l’artiste Pixel_de_laine qui va réaliser une œuvre au point de croix en 5 exemplaires, inspirée d’un crossover designé par In The Woup. « J’aimerais faire d’autres collab avec des artistes comme Kid Pier qui travaille aussi la mosaïque, ou Lasco qui fait des œuvres rupestres sur les murs (avec cet artiste l’idée serait de mélanger un Mario x Rahan) mais à date, faute de temps, de compatibilité d’agenda ou parce qu’on n’a pas encore trouvé comment marier nos univers, ça n’a pas encore abouti. Mais c’est toujours là, ça se fera peut-être un jour ! » A suivre donc 

Toujours en matière de collab, In The Woup a aussi participé en 2021 au projet Money For Nothing 1001 artists 1001 banknotes , aux côtés de D*Face, Invader, Basquiat, Banksy, Monsieur Chat, Obey, John Hamon…en costumisant une planche de billets de 1 dollar sur laquelle il ajouté un Picsou en mode pixel, le « MFN 164 ».

(c) In The Woup

Dans le même esprit, il a été sollicité à trois reprises par la galerie Sakura à Paris, bien connue des amateurs de pop culture (aujourd’hui définitivement fermée), pour participer aux côtés d’autres artistes à de super projets :

  • En septembre 2020, l’exposition « Street Money », pour laquelle chaque artiste devait présenter 2 œuvres réalisées sur un billet authentique de 500 francs (le Pascal) et un billet de 1 dollar. Ici, In The Woup a utilisé la technique du collage à partir de ses prints. Ça donne : « Picsou houhou ! » et « Shut up and take my money », titre en clin d’oeil à une réplique culte de Fry, représenté sur le billet de 1 dollar, personnage principal de la série TV américaine de science-fiction Futurama, par le créateur des Simpsons,
  • En mai 2021, l’exposition « Goldo Expo II », qui réunissait 100 oeuvres de street artistes, sculpteurs, illustrateurs, photographes et peintres…autour du mythe de Goldorak et à l’occasion de laquelle In The Woup a créé un superbe originals Mario x Goldorak,

(c) In The Woup

  • Enfin, en septembre 2021, dans le cadre de l’exposition « Sneakers Generation », il a costumisé une chaussure Nike « air Jordan 1 Mid triple white » en utilisant de la mirco-mosaïque pour recouvrir le logo Nike et coller sous la semelle la tête de Michael Jordan.

A noter aussi, une trés jolie collab en 2019, lorsqu’il s’associe avec Infinite Watch, une marque horlogère de Lyon, pour créer 3 modèles de montre en série limitée de 20 exemplaires chacune : Vegeta (personnage de fiction du manga Dragon Ball), R2D2 et Joker, vraiment trop stylé !

(c) In The Woup

Ça bouillonne comme dans un chaudron chez In The Woup !!! Vous ne le savez peut-être pas mais cet artiste ultra créatif et touche à touche a aussi créé des jeux de société et écrit des nouvelles en lien avec l’univers de la science-fiction et l’heroic fantasy ! En 2016, il a même sorti un livre d’illustrations, Once Upon A Geek vol1., un recueil de 250 illustrations en noir et blanc qui revisite avec humour le quotidien de héros de l’univers du jeu vidéo et du cinéma. Pour l’instant, pas de vol2 prévu car In The Woup souhaite se concentrer sur son travail de mosaïque et son Mario Worldz Project.

(c) In The Woup

Il est temps d’évoquer le projet du Art Book sur lequel il travaille actuellement. Celui-ci compilera 400 designs de ses crossovers, accompagnés de notes pour chaque œuvre révélant un souvenir plus perso, ce qui l’a inspiré, pourquoi il a réalisé cette œuvre …. Parmi les crossover de ce Art book, il y aura bien évidemment le tout premier : Mario x Sonic, qui est à la genèse du projet Mario Worldz. Si tout se passe bien, il devrait sortir fin 2024. Voilà une chouette idée de cadeau à mettre sur votre liste de cadeaux de Noël 

(c) In The Woup

On se demande vraiment comment il fait pour mener à bien la production de toutes ses créations et le développement de son art ? J’aime à dire que le bonheur est dans l’action et j’aime à croire que dans la vie, on réussit rarement seul, la victoire est collective. In The Woup n’échappe pas à la règle : « Je suis constamment en mode action et je suis trés bien entouré ! En tout premier, je veux remercier ma femme pour son soutien et ses bonnes idées. Et aussi, 2 amies, l’une banquière l’autre comptable, qui me donnent des conseils pour mieux gérer mon activité et bien sûr Jérôme, mon galériste, pour lequel j’ai eu un gros coup de coeur ! Bien sûr si mon activité prend encore plus d’ampleur, je vais devoir renforcer mon équipe mais, je ne délèguerai jamais la création. Les gens peuvent être sûrs que c’est In The Woup qui réalisera toujours 100% des œuvres ! »

(c) In The Woup

Pour terminer ce très bel échange, et après avoir découvert le MOCO Museum à Amsterdam et à Barcelone, j’ai demandé à In The Woup s’il avait déjà pensé aux œuvres NFT ? : « Je suis toujours très curieux des actualités de la tech et j’ai un côté geek alors oui, je m’y suis intéressé au tout début. Je l’ai tenté sur Opensea mais ça n’a rien donné. Je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas, ça ne me parle pas, je préfère les créations physiques dans le monde réel avec mes œuvres en mosaïque. »

Voilà, vous en savez maintenant un peu plus sur cet artiste talentueux qu’est In The Woup. Pour suivre ses actualités, suivez-le sur son Instagram où il est très actif !

Retrouvez sa collection 2024 ainsi qu’une partie de ses crossovers (rubrique Mario Worldz Project) sur son site : In The Woup.

Voici mes 3 crossovers préférés :

(c) In The Woup

Et celui que je trouve le plus mignon :

Et vous, quel est votre crossover de Mario préféré ?

Arigato In The Woup pour la qualité de notre échange et le temps accordé ainsi que pour la mise à disposition de quelques photos pour illustrer l’article.

Un grand Merci à mon bien-aimé pour m’avoir fait découvrir le travail d’In The Woup <3

Have fun !

Queen Z