Conversation avec un Gentleman #14 Guillaume Tesson

© Guillame Tesson

Auteur de « Cigares » (Hachette Pratique) en 2009 et du Petit Larousse des Cigares en 2010, réimprimé en 2015, Guillaume Tesson excelle dans l’art de déguster un cigare et même de le fabriquer puisqu’il a créé son propre cigare, le Macanudo Master Series Inicio, sorti en 2017 pour le marché français.

Être un Gentleman aujourd’hui, qu’est-ce que cela signifie pour toi ? 
GT : Pas facile à définir…C’est sans doute réussir à rester soi-même tout en tenant compte de la présence des autres, de leur sensibilité… C’est ne pas craindre la gentillesse. C’est savoir rire de soi.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de fumer le cigare ? 
GT : Cela s’est fait quand j’avais 16 ou 17 ans, en compagnie d’un oncle et d’un cousin, lors d’une paisible après-midi. Donc au-delà du côté « Je suis adulte, je fume un cigare », je pense aujourd’hui que c’est le côté « partage » qui m’a séduit.

C’était un beau moment : des gens qui se retrouvent dans un cadre sympa, à la campagne, qui discutent… Le cigare s’est installé au milieu de tout cela naturellement.

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Comment choisis-tu ton cigare ? 
GT : Un cigare, c’est comme le vin, le thé ou le chocolat, il y en a des centaines de différents ! Tout dépend donc de mon humeur, de mon « appétit », du temps dont je dispose, avec qui je suis. Mais je te rassure, la plupart du temps, j’ouvre ma cave à cigares et cela se passe très vite. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est le cigare qui me choisit, mais souvent, c’est spontané.

Parfois, il y a aussi la parenthèse cigare qu’on fantasme. On est derrière son ordinateur, la matinée est un peu longue… Et on se dit « Tiens, ce soir, je me dégusterais bien un petit Juan Lopez Seleccion N°2 ! » Je ne dirais pas que le reste de la journée se passe soudainement mieux, mais on y pense de temps en temps, et le soir venu, c’est un peu comme un rendez-vous.

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Quel est l’accessoire indispensable du Gentleman amateur de cigare ?
GT : Comme beaucoup d’amateurs de cigares, j’ai des étuis à cigare, des coupe-cigares, des briquets… Si je devais vraiment citer deux outils incontournables, ce serait un briquet tout simple, à flamme souple, et une petite guillotine pour pouvoir couper la tête du cigare avant de l’allumer. Sans oublier une cave (une boîte doublée en cèdre) pour conserver ses modules dans une atmosphère humide.

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As-tu des boutiques spécialisées dans Paris à nous conseiller ? 
GT : Il y a une bonne dizaine d’endroits à Paris où l’on peut acheter et se faire conseiller. Le conseil du débitant de tabac, c’est primordial. Vous pouvez pousser la porte de ces enseignes les yeux fermés : Le Lotus, À La Civette au Palais-Royal, le Tabac du Dôme, Art Tabac…

En banlieue, je citerais une boutique à Antony, J’ai du bon tabac (le nom est génial), un endroit vraiment sympa avec une très belle sélection.

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Peux-tu nous raconter la plus belle expérience associée au cigare que tu aies vécue ? 
GT : En 2006, je découvre les romans de Pedro Juan Gutiérrez, un auteur cubain surnommé « le Bukowski des Caraïbes ». Une révélation, un choc littéraire comme j’en ai eu rarement. La vie des cubains y est décrite avec un style cru, vibrant et poétique.

La même année, en juin, je me rends à Cuba pour la première fois, et à tout hasard, je le contacte via son site Internet. Il me donne son adresse et son numéro de téléphone ! Je me suis retrouvé à partager un cigare avec lui, sur sa terrasse, à La Havane.

Il m’a parlé des cigares que fument les cubains au quotidien, bien loin des cigares cubains « de marque » que je fumais. Un moment incroyable !

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Le bar pour terminer sa journée sur une note chic tout en savourant un cigare ?
GT : Il y a deux endroits que j’aime bien : Gentlemen 1919, pour son côté « bar sous la prohibition », avec un fumoir très cosy. Ils font de super cocktails. Ceux à base de jus de légumes et d’épices se marient bien avec les facettes terreuses et végétales des cigares.

En plus déglingué, je te confie une de mes planques : le Dirty Dick, à Pigalle. Cet ancien bar à hôtesses, dans son jus, si je puis dire, est aujourd’hui un tiki bar, un bar hawaiien. Au fond, il y a un fumoir où trônent les têtes empaillées d‘une lionne et d’un babouin…

Un restaurant pour un déjeuner professionnel ? 
GT : La Table du Huit : une carte bien faite et surtout un fumoir dans l’entrée où l’on peut prolonger la conversation autour d’un bon cigare.

L’air de musique pour accompagner un bon cocktail tout en fumant son cigare ?
GT : J’en citerai trois : « Bring It On Home To Me » de Sam Cooke, l’album de Bedouine ou encore l’album « L’Homme à tête de chou » de Gainsbourg.

Les lectures du Gentleman amateur de cigare ? 
GT : En anglais, il y a le magazine Cigar Journal, auquel je collabore et qui est à mon sens le plus complet. Il se décline en version papier et en site web.

Il y a un forum francophone sur lequel on trouve beaucoup d’infos, c’est Pour une poignée de cigares. Un blog que j’aime bien : Les cigares selon Edmond.

Et si tu m’autorises à faire encore un peu d’auto-promo, j’aimerais citer Les Passeurs de Feu, le podcast que je viens de lancer avec mon camarade Sébastien Chelin. On y parle de cigares, de spiritueux et de gastronomie (disponible sur iTunes podcasts et SoundCloud).

Peux-tu me citer 3 Gentlemen des temps modernes ? 
GT : Thierry Richard, le fondateur du club pour gentlemen Les Grands Ducs.

Nicolas Julhès, créateur de la Distillerie de Paris, qui conçoit ses spiritueux comme on crée des parfums.

Et mon ami Frédéric Brun, collectionneur de voitures anciennes, spécialiste de James Bond et grand amateur de montres.

Découvrez aussi son interview sur Les Rhabilleurs : Portrait de Guillaume Tesson, une vie de volute.

Retrouvez Guillaume sur les réseaux sociaux : Instagram, Twitter.

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Princess Zaza

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